Guillaume Adam

La Course de l’Escalade, une atmosphère unique à vivre !

Le départ de la course Escaladelites hommes de la course de l'EscaladeLa course de l’Escalade à Genève est chaque année l’une des courses les plus attendues non seulement par les coureurs helvétiques, mais également par des milliers de coureurs français. La cité de Calvin étant très cosmopolite, près de 40 nations sont représentées ! Cette course de l’Escalade est vraiment particulière, pour plein de raisons. Il y en a pour tous les goûts, du coureur débutant au coureur confirmé, chacun a une bonne raison d’adorer cette course de l’Escalade. Une fois tombé dans la marmite, à la manière de notre cher Obélix, je crois bien qu’il n’y a plus moyen d’y échapper !

51 000 coureurs attendus cette année

Depuis 1978, le premier samedi du mois de décembre voit défiler un cortège continu de coureurs et de supporters à travers la vieille ville de Genève. Ils étaient à peine plus d’une centaine lors de la première édition, ils sont en 2017 plus de 51 000 coureurs à participer à la Course de l’Escalade, avec une trentaine de départs tout au long de la journée. Les départs dans la vieille ville sont rythmés au son incessant des coups de canon, faisant littéralement frémir les coureurs qui attendent impatiemment sur l’aire de départ. Les plus jeunes, comme les moins jeunes, sont forcément impressionnés par la horde de footballeurs américains qui maintient la foule sur la ligne de départ, puis lâche la meute en sprintant sur les premiers hectomètres. Comme tous les 5 ans depuis 2002, la Course du Duc (19,5km) offre un départ depuis la France voisine, le vendredi soir depuis Reignier à la lueur des frontales installées sur la tête des coureurs.

Une ambiance exceptionnelle

Mais ce qui fait le charme et la difficulté de cette course de l’Escalade, c’est bien son parcours au bord duquel des dizaines de milliers de spectateurs encouragent les coureurs anonymes du peloton. Les coureurs ont le choix entre deux et trois boucles (respectivement 4km830 et 7km320). Ces tours à travers la vieille ville sont loin d’être de tout repos puisqu’au total les 3 boucles annoncent 126 mètres de dénivelé positif, la partie la plus dure étant sans doute le départ puis la transition entre chaque tour (une vingtaine de mètres de dénivelé en 500 mètres). Le passage pavé autour de la Cathédrale Saint-Pierre est également un des points difficiles de la course.

Rien de tel que l’odeur des marrons chauds et du vin chaud dans la vieille ville ainsi que la superbe ambiance tout au long du parcours pour vous transcender jusqu’à l’arrivée dans le Parc des Bastions. Pour les supporters, il y a du spectacle toute la journée avec des courses très disputées, avec en point d’orgue les courses Escaladélites où quelques uns des meilleurs coureurs mondiaux s’affrontent. Linet Masai (championne du monde de cross-country et du 10 000 mètres), Derartu Tulu (double championne olympique du 10 000 mètres), Maryam Yussuf Jamal (double championne du monde du 1500 mètres) ou encore Micah Kogo (médaillé olympique sur 10 000 mètres) ont notamment déjà foulé les pavés de la cité de Calvin.

L’origine du nom de la Course de l’Escalade et sa fameuse marmite

Mais alors pourquoi cette course de l’Escalade s’appelle-t-elle ainsi ? Cette course s’inscrit en marge des commémorations de la victoire de la ville de Genève sur les troupes du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier à l’occasion de l’attaque savoyarde lancée dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602. Le nom de l’Escalade évoque en fait la tentative d’escalade des murailles de la ville au moyen d’échelles par les Savoyards. Au fil des années, deux visions de cette célébration de l’Escalade vont s’opposer, l’une solennelle, avec notamment un défilé historique, et l’autre plus festive, avec notamment cette fameuse course de l’escalade.

Dès 1985, les déguisements se diffusèrent au sein du peloton au point même que ceux-ci devinrent un composant important de la manifestation. Un membre de l’organisation résume : « Il y avait ceux qui couraient, et puis ceux qui s’amusaient. » C’est pourquoi en 1991 une nouvelle course fut ajoutée au programme, celle de la Marmite, véritable carnaval à travers la vieille ville, où tous les participants rivalisent d’imagination pour confectionner un déguisement original. La course de l’Escalade passe alors du statut de course populaire à celle de fête populaire. Cette course de la Marmite fait allusion à la Mère Royaume, qui selon la légende, aurait lancé pendant l’attaque savoyarde sa marmite de soupe aux légumes sur les assaillants et reste le symbole du patriotisme des genevois lors de cette attaque. Pour les plus gourmands d’entre vous, sachez que les chocolatiers suisses confectionnent également des marmites en chocolat, garnies de légumes en massepain, pour célébrer l’Escalade.

Vous voyez je vous avais dit, une fois tombé dans la marmite comme notre cher Obélix, vous ne pourrez plus vous passer de la course de l’Escalade ! La course de l’Escalade a lieu cette année le samedi 3 décembre (et le vendredi 2 décembre pour la Course du Duc et les épreuves de marche), une course à vivre sur Leman Bleu, en direct ou en différé, en ligne ici.